La stratégie d’intégration des milieux naturels au développement urbain
Les municipalités jouent un rôle clé dans le domaine de l’environnement au Québec. Tant au plan légal que culturel, les administrations municipales occupent une place de choix dans la prise de décisions qui peuvent avoir un impact sur la biodiversité.

À Trois-Rivières, la protection de la biodiversité et des services qu’elle rend à la population est devenu un enjeu important. La conservation des milieux naturels apporte de nombreux bénéfices. Elle permet notamment de diminuer l’impact du développement urbain sur l’écoulement des eaux de surface et contribue à l’amélioration de qualité de l’air et de l’eau.


Souhaitant maintenir un certain niveau de développement domiciliaire sur son territoire tout en conservant les milieux naturels de haute valeur écologique, la Ville de Trois-Rivières a mis de l’avant, en 2009 et 2010, une série de mesures réglementaires visant à intégrer la conservation des milieux naturels comme critère de conception des projets de développement. Au même titre que les infrastructures ou le zonage, la conservation des milieux naturels est une condition établie par un plan directeur sectoriel, lors de planification d’un développement résidentiel. La Ville s’est donné comme objectif de protéger une superficie équivalente à 15 % de la zone blanche, soient environ 2 600 hectares (l’équivalent en superficie de 5 200 terrains de football), au rythme d’un hectare protégé pour chaque hectare développé. Des exemples concrets de cette stratégie d’intégration des milieux naturels au développement urbain ont été réalisés depuis 2010. Citons, par exemple, la réalisation d’un développement domiciliaire, classique en apparence, mais dont plus de 40 % de la superficie est publique, que ce soit sous forme d’infrastructures vertes (bassins végétalisés, piste cyclable) ou d’espaces naturels conservés (aires de conservation, bandes riveraines).


Cette stratégie découle de la démarche de développement durable de la Ville ayant débuté avec l’adoption de la Politique de développement durable. La conservation est devenue d’actualité pour les employés et les résidants de Trois-Rivières pendant les séances de consultation publique tenues pour discuter du contenu de la politique de développement durable. Les discussions ont révélé que les membres représentatifs de la communauté considéraient plusieurs endroits de la ville comme des points névralgiques de la biodiversité, ceux-ci comprennent : 9 écosystèmes forestiers exceptionnels, 6 grandes tourbières, plusieurs corridors riverains, des îles, des marais et des boisés. Découlant de ceci, un comité de développement durable a été établi pour intégrer les opinions publiques et les connaissances sur la conservation de la biodiversité dans la planification urbaine de la ville. Les milieux désignés ont été étudiés, afin d’inclure l’ensemble des points névralgiques de biodiversité identifiés, des terres développées, des corridors boisés et des milieux qui possèdent un potentiel de restauration pour un total couvrant 22 % de la superficie de la ville. Par conséquent, le public a contribué directement à l’instauration de politiques et à la désignation de zones sensibles incorporées dans des territoires d’intérêt écologique désignés.


Chronique suivante